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De Braldahim.

Chapitre I - La fin du Premier Âge

 
’est un fait communément admis, les Semi-Hommes sont de grands affabulateurs, toujours à raconter à qui veut bien les écouter les histoires les plus folles, les plus insensées. Lorsque ce n’est pas pour dénigrer un de leurs petits congénères, dire des horreurs sur leur voisin ou un concurrent trop envahissant, ils adorent relater des faits extraordinaires, des récits fantastiques à la gloire d’eux-mêmes ou d’un aïeul. Mais voilà, outre le côté très distrayant de cette propension au conte, l’un des principaux inconvénients de ce déchaînement de fables colorées est que les vrais événements, aussi graves qu’ils puissent être, ont la fâcheuse tendance à passer inaperçus.

          Si bien que lorsque certains anciens, de vieux érudits dépositaires du peu de réalité historique restante, s’élevèrent contre la frénésie générale, peu furent ceux à leur prêter attention. Et pourtant ils s’échinèrent à mettre en garde les jeunes et téméraires Braldûns projetant de franchir les portes d’une ruine récemment découverte. Ainsi, beaucoup de curieux et de rêveurs répondirent aux appels à la prudence de cette minorité d’initiés en leur conseillant de garder pour eux leurs avertissements rabat-joie et fantasques. Quoiqu’il en soit, on ne viole pas sans risque les restes d’une civilisation ancestrale et perdue, car malheureusement on ignore souvent sur quoi l’on va tomber. Cette petite troupe a fini par l’apprendre à ses dépens, et la révélation, plutôt abrupte, est également arrivée aux oreilles des Braldûns les plus éloignés, même à celles de ceux qui n’avaient point ouï dire de ce débat. Car non contents d’avoir ouvert une porte qu’il aurait mieux valu laisser close, ces quelques imprudents, après une première expédition mouvementée mais réussie, décidèrent d’y retourner pour emporter les fruits de leur victoire.

          Les conséquences furent terribles, et Braldahim, le monde des Braldûns, en garde encore aujourd’hui les douloureux stigmates. Les survivants du cataclysme qui suivit la seconde expédition ne purent que transmettre à leurs descendants le souvenir de ce qui fut perdu. Cette fois sans emphase ni fioritures, car la réalité de ce qu’il advint dépassait de très loin tout ce que l’imagination délirante d’un semi-homme aurait pu créer. À peine sortis du donjon, les membres de la troupe, comme le raconta par la suite un des rescapés, entendirent un terrible grondement venu des entrailles de la terre. Derrière eux, l’ennemi qu’ils croyaient terrassé se réveillait, celui qu’ils avaient pour ainsi dire surpris dans un demi-sommeil et pensaient avoir tué de leurs mains. Sa fureur n’eut d’égale que la terreur qu’elle produisit, le monstre suivi par son armée de serviteurs s’abattit sur Braldahim tel une tempête sur un château de sable.

          Nul ne peut dire avec exactitude combien de temps dura le déchaînement dévastateur de ces puissances maléfiques. Les semi-hommes qui n’avaient pas succombé à l’attaque aussi soudaine que violente se réfugièrent dans les souterrains et les anciennes fortifications naines de la vieille ville de Crissbrouque. D’autres fuirent devant cette rumeur grondante et mortelle en se réunissant dans les montagnes, au sud comme au nord. Les routes furent coupées, les liaisons commerciales stoppées, ils se terrèrent dans les vestiges du monde qu’avaient érigé plusieurs générations de Braldûns désireux de protéger la fragile existence de leur race. Cette région oubliée qu’ils avaient investi pour échapper aux turpitudes d’une civilisation trop humaine, faillit finalement avoir raison d’eux. Chacun de leur côté, les groupes de survivants reprirent tant bien que mal une vie pétrifiée par la peur. Les quelques villes encore debout développèrent des économies autarciques pour éviter à tout prix, par des déplacements et des découvertes inopportunes, d’attirer sur elles les foudres d’un hypothétique ennemi.

L'Éveil des Braldûns

 
ous voici quelque quatre cents ans après ce cataclysme qui marqua par le sang la fin du Premier Âge de Braldahim. Avec la disparition des derniers témoins du drame se sont éteintes les craintes paralysantes suscitées par un monde depuis longtemps apaisé. Les nouvelles générations aspirent à explorer une terre qu’elles ne connaissent plus. Déjà, de jeunes braldûns téméraires s’aventurent loin de chez eux pour tenter de découvrir d’autres foyers de survie, la folle rumeur de villes habitées se propage de part et d’autre des vastes étendues sauvages par trop longtemps laissées sans entretien. La première jonction se fait entre Crissbrouque et la plus grande cité minière de l’ancienne Comté Nord, Barduque. Au sud, région qui n’a pas abandonné sa tradition belliqueuse, des éclaireurs de Jorlacrute ont rejoint Fichetrousse en déblayant l’ancienne route pavée qui jadis reliait les deux cités. Braldahim reprend forme autour de ces deux pôles, mais beaucoup reste à faire, nombre d’anciennes villes restent perdues. Il nous faut retrouver et réhabiliter les routes recouvertes par une végétation qui durant plus de quatre siècles a repris ses droits. Et ce pour faciliter les déplacements et permettre aux familles séparées de se réunir.

Chers Braldûns, vous qui portez le fol espoir de renouveau et de prospérité en Braldahim, cette tâche de reconstruction et de conquête vous incombe, en espérant que vous soyez bel et bien mus par le goût de l’aventure.

Fin de Braldahim Beta et ouverture de Braldahim I, l'éveil des Braldûns le 8 mai 2010.

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